Test – Silence

En 2010, Les Chroniques de Sadwick : The Whispered World avait su conquérir son public grâce, notamment à des graphismes en 2D somptueux. Une suite fut alors annoncée. Initialement prévue pour 2015 et alors que l’on n’y croyait plus vraiment, c’est le 15 novembre dernier que Silence nous ait finalement parvenu. Reste à voir maintenant si le monde de Silence est toujours aussi attrayant.

Silence comme vous ne l’avez jamais vu

ReniePour ce nouvel opus, Marco Hüllen et Daedalic ont fait le choix de revoir le visuel général. Si les décors restent majoritairement en 2D, l’ensemble des personnages sont ici en 3D. Le résultat est simplement fabuleux. Beau, cohérent et vivant, chaque tableau sera l’occasion de profiter de l’ambiance. Contrairement à son aîné, les couleurs Silence sont ici loin d’être terne. La palette de couleurs est d’ailleurs bien plus importante. Elle est appuyée par un éclairage qui souligne un véritable souci du détail. Que ce soit pour l’histoire ou la construction de ce monde fantasmé, difficile de ne pas faire le rapprochement avec le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro. Entre nous, il y a bien pire comme référence. Les personnages secondaires ont également bénéficié de ce souci du détail. Outre un design vraiment unique à chacun, ils disposent d’animations soignées qui participent grandement à l’expression de leurs traits de caractère.

Less is more

SilenceCette expression anglaise semble avoir été trop prise au pied de la lettre par les équipes de Daedalic. Outre la durée de vie du titre qui se situe aux alentours des cinq heures de jeu, le jeu joue la carte du minimalisme sur bien des aspects. Pour commencer, le déroulement de l’aventure se fait par tableau. Comprenez par là que vous êtes cantonné à un, voire deux écrans à la fois. Les énigmes qu’il vous faudra résoudre prendront forcément place dans ceux-ci. Car oui, le traditionnel inventaire, cher au genre à ici disparu. La conséquence directe de cette disparition, c’est une simplification inévitable des énigmes. Les éléments présents dans le tableau devront être utilisés dans ce même tableau. Le seul élément externe sera alors Spot. La petite chenille, déjà présente dans les chroniques de Sadwick, a la capacité de pouvoir se gonfler comme un ballon ou au contraire de devenir aussi plate qu’une planche. La progression du joueur s’en trouve facilitée et fluidifiée, mais donne parfois également l’impression d’être face à une simple narration interactive.

Il était une fois...

NoahJeu d’aventure oblige, l’histoire et la narration sont au cœur du jeu. Malheureusement, le jeu souffre de quelques soucis à ce niveau-là. Le jeu commence par une scène d’ouverture plutôt réussie qui en plus de vous initier au gameplay, vous fait un rapide résumé des évènements de l’épisode précédent. L’occasion de faire connaissance avec les deux protagonistes principaux Noah, un adolescent de 16 ans et sa petite sœur Renie. À mon sens, le principal problème du jeu vient de l’écriture de ces deux personnages. Renie est une véritable réussite. On retrouve en elle la plupart des traits qui caractérisent les enfants. Mais l’équilibre de ces différents traits rend ses choix et ces actions parfaitement naturels. On s'attache très vite et sans difficulté au personnage de Renie. En revanche, Noah passe son temps à se plaindre et semble subir chacune de ses actions. Plus le temps passe et plus il est difficile d'avoir de  l’empathie pour ce dernier.

spot et RenieLes personnages secondaires me posent également un petit problème. Bien qu’il semble avoir fait l’objet d’une attention particulière et qu’il soit plutôt réussi, le jeu décide de les abandonner brusquement et sans véritable raison. Pire certains passages semblent avoir été écourtés et de manière peu subtile. Je ne prendrai pas le risque de dire s’il est question d’une faiblesse d’écriture ou si cela est lié aux difficultés que le développement a rencontré. Mais il faut bien le reconnaitre cela se sent et c’est bien dommage. J’ajouterai un dernier regret à la liste des défauts du jeu et plus particulièrement de son histoire : le déroulement et particulièrement sa conclusion manque cruellement de surprise. Le jeu tente pourtant un twist qui sert d’amorce à la dernière partie de l’histoire, mais même celui-ci s’avère prévisible.