Test – War for the Overworld

En 1997 sortait sur PC Dungeon Keeper, un jeu mêlant habilement god game et stratégie. Le jeu est aujourd’hui encore considéré comme une référence. Un deuxième opus a vu le jour en 1999, reprenant les éléments ayant fait le succès de son ainé, il apportait quelques nouveautés et corrigeait certains bugs. Il faudra alors attendre seize longues années pour voir arriver un successeur spirituel à la série, War for the Overlord.

Seize longues années

War of the overworldSi Dungeon Keeper fait toujours office de référence, beaucoup de projets avaient été annoncés autour de l’univers du titre de Peter Molyneux, mais aucun n’arriva à terme. En 2013, EA, détenteur de la licence décide de ressusciter cette dernière au travers d’un jeu mobile. Celui-ci s’avère décevant et beaucoup de joueurs voient le titre comme une trahison de l’esprit de la série. C’est à peu près au même moment que Kickstarter présente War for the Overworld, un projet de jeu développé par le studio nouvellement créé : Subterranean Games. Le jeu se présente comme le successeur spirituel de Dungeon Keeper et s’offre même le soutien du créateur de la série originale. Il n’en fallait pas plus pour redonner de l’espoir aux fans de la première heure. La campagne est un succès et le jeu apparait sur Steam en accès anticipé puis sort officiellement le 2 avril 2015.

Etre digne de son modèle

war for the overworld bassinsWar for the Overworld est véritablement ce qu’aurait pu être Dungeon Keeper 3 et c’était là tout l’objectif de l’équipe du jeu. Si les noms des créatures ont été changés, certainement pour des raisons de droit, le principe du jeu n’a pas bougé. Vous devrez donc construire un donjon souterrain afin d’attirer les créatures qui se battront pour vous et vous permettront de terrasser vos ennemis qu’ils soient humains, nains ou overlords. Le scénario est classique et quelque part secondaire. Vous incarnez un Overlord, ancien maitre de l’Overworld. Mais à la suite d’une grande guerre, vous avez été vaincu et banni dans l’éther, mais vous revoilà, plus décidé que jamais à prendre votre revanche. Celle-ci se fera au court d’une campagne étalée sur une quinzaine de missions. La difficulté est progressive et si les premières missions seront traversées sans mal, les dernières présentent un challenge intéressant. Chacune d’elle démarre de la même manière. Vous ne disposez pour commencer que de votre cœur de donjon, une somme d’or confortable et de cinq sbires. Ces derniers vont vous permettre de creuser des salles dont vous pourrez définir le rôle. Chacune d’elles ayant sa propre utilité et vous permettra d’attirer certains types de créatures. Les habitués de Dungeon Keeper pourront retrouver leur marque extrêmement vite, l’interface étant très proche de celle du titre dont War for the Overworld s’inspire. Il en va de même pour les archétypes de créatures.

Si vous découvrez le genre, sachez que vous n’avez pas de contrôle direct sur vos créatures. Si vous leur proposez les installations adéquates à leur bonheur et que vous disposez d’assez d’or pour les payer le jour venu, ceux-ci mettront leurs capacités à votre service. Il vous suffira de poser une bannière de ralliement et tout ce beau monde se retrouvera au point marqué pour massacrer ce qui pourrait s’y trouver. Le reste du temps, chacun vaquera à ses occupations. Les vomitos (équivalent des trolls de Dungeon Keeper) fabriqueront vos défenses, les mages identifieront vos artefacts et prépareront les rituels que vous choisirez, etc.

De la variété, mais peu de nouveautés

Vorschau-War-for-the-OverworldSi le jeu propose un nombre important de salle et de créatures différentes, malheureusement très peu sont réellement nouvelles. La grande majorité étant des archétypes déjà présents dans Dungeon Keeper. Pour les nouveaux venus, cela ne change rien, mais pour les autres, il est difficile de ne pas être un peu déçu par ce manque de nouveauté. C’est d’ailleurs le principal reproche que je ferais au jeu, il est beaucoup trop proche de son modèle. Si l’on éprouve un réel plaisir à retrouver l’ambiance de la saga de Bullfrog, le jeu ne parvient pas à se créer d’identité propre et c’est regrettable. Reprendre un concept est vouloir lui être fidèle est une chose, s’effacer devant en est une autre. Le titre Subterranean Games souffre d’ailleurs de la comparaison avec son ainé en voulant rester trop sage. Une des forces de Dungeon Keeper était d’oser et de pousser son concept jusqu’au bout. Les maitresses noires par exemple, passaient leur temps libre à se torturer entre elles, ce qui avec leurs combinaisons en latex noir rendait l’animation très suggestive. Ici, tout est lissé, et les animations des créatures ont perdu cet aspect profondément mauvais. Malgré tout, le jeu est agréable et pour peu que vous aimiez le genre, il vous offrira de bons moments.

War for the overworld carte de campagneLe jeu est en continuelle évolution et se dote régulièrement de mise à jour. Les modes survies et multijoueur devrait être améliorés et enrichie dans la prochaine mise à jour. En l’état actuel des choses, le jeu souffre tout de même de quelques ralentissements, notamment sur les cartes importantes où évoluent un grand nombre de créatures. L’IA est également perfectible et certains types de créatures, comme les goules, rencontrent des problèmes de pathfinding notamment sur les ponts. Aucun de ces soucis ne pose de réels problèmes en partie et sont présents dans la liste des bugs en court de correction.

En conclusion

logo war from the overworld certifiéWar for the Overlord est un bon jeu. Loin d’être parfait toutefois, il est sans aucun doute un digne successeur à Dungeon Keeper. C’est malheureusement sa principale faiblesse aussi. A vouloir être trop fidèle à son matériau d’origine, le titre perd toute personnalité propre et reste trop sage pour marquer les joueurs comme l’avait fait le jeu de Peter Molyneux. Ces considérations mise à part, War for the Overlord offre une expérience agréable et une excellente occasion pour les joueurs étant passé à côté des jeux de Bullfrog de découvrir le concept et l’ambiance qui en ont fait le succès. Reste à voir si les différents DLC gratuits et payants prévus enrichissent suffisamment l’expérience de jeu pour que celui-ci devienne réellement un incontournable du genre.