L’importance des conditions de jeu

Le jeu vidéo est un média qui, au même titre que le cinéma, permet de raconter des histoires. Ce n’est d’ailleurs pas la seule analogie entre les deux médias. Aujourd’hui, nous nous intéresserons aux conditions de jeu. Vous verrez que l’avis de que l’on se fait d’un titre dépend énormément de la manière dont on vie l’expérience. Nous parlons ici particulièrement des jeux basés sur la narration.

Les éléments de l’immersion

L’immersion n’étant pas notre thème du jour, nous n’y accorderons que quelques lignes, mais il était nécessaire de rappeler certains points pour développer notre sujet. Un bon jeu est un jeu que l’on vit et cela vaut pour la plupart des genres, mais pour cela il faut que celui-ci nous implique. Ce sentiment d’implication est appelé l’immersion. En général, pour que cela fonctionne, les créateurs du jeu essaient de créer des espaces d’identification. Un des moyens récurrents consiste à laisser l'utilisateur définir l’aspect visuel de son avatar. Généralement, les joueurs vont soit créer un personnage proche d’eux physiquement, soit proches de ce qu’il aimerait être. Quoi qu’il en soit, ils seront attachés à ce dernier et se sentiront concernés par ce qu’il pourrait lui arriver. Ce lien s’intensifiera lors du déroulement de l’aventure, jusqu’à ce que le joueur ait la sensation de faire partie de l’univers dépeint dans le jeu lors de ces parties. Il existe bien d’autres façons de faire, mais cet exemple devrait suffire pour que chacun comprenne.

L’environnement de jeu, l’inconnu de l’équation

Quand un studio développe un jeu, tous les facteurs qui pourraient influer sur la qualité de l’expérience offerte au joueur sont étudiés.Cependant, il y en a un qui restera toujours inconnu, car il sera différent d'un joueur à l'autre. Vous l’aurez deviné, nous parlons ici de l’environnement de jeu : l’ensemble des facteurs, extérieurs ou non, qui vont influencer l’immersion. Car, même si nous ne l’avons pas mentionné plus tôt, l’immersion est quelque chose de fragile. Une incohérence dans l’univers du titre, une réalisation bâclée, un coup de téléphone, un rien peut suffire à casser ce sentiment. Evidemment, l’importance de l’immersion dépendra beaucoup du titre et de son genre. Si certains jeux comme Rayman ou Mario bros. peuvent facilement être appréciés dans un environnement bruyant et agité (bien que), d’autre dans lesquelles la narration à un rôle bien plus important ne le pourront pas. Les forums sont bourrés d’exemples de personnes n’ayant pas apprécié un jeu à sa sortie, mais l’ont beaucoup aimé en le refaisant quelques mois plus tard.

Des conditions de jeu optimal pour une expérience réussie

Alors avant d’aller plus loin, mettons les choses au point. Jouer dans de bonnes conditions ne transformera pas un mauvais jeu en bon jeu. Par contre, de mauvaises conditions de jeu peuvent tout à fait ruiner votre expérience. Prenons un exemple, Silent Hill. La série de Konami joue beaucoup plus sur son ambiance que sur l’action ou ses mécaniques de gameplay. Mais vous en conviendrez pour pouvoir profiter de l’atmosphère unique du titre, il faut pouvoir s’en imprégner, profiter de son ambiance sonore et visuelle. Si vous jouez à ce dernier pendant une soirée agitée ou sur un stand de convention sans casque, vous ne pourrez pas expérimenter le jeu tel qu’il est. Vous trouvez l’exemple mal choisi, car trop spécifique, alors voilà quelques autres titres à qui cela peut s’appliquer sans aucun problème : Bioshock, Beyound Two Souls, Dishonored et l’on pourrait continuer ainsi bien longtemps.

Sur les terminaux nomades, c’est la même chose

Sur smartphone ou console portable, le principe est le même. Evidement la majorité des jeux présents sur ces supports répondent à un cahier des charges prenant en compte les spécificités de ces machines et de leur utilisation. Il existe cependant une catégorie de jeu dont la narration est le centre du titre, ce sont les RPG, J-RPG et tacticals RPG. Si nous prenons le cas de Bravely Default sur Nintendo 3DS, l’importance des conditions de jeu reste tout aussi importante. Si le son n’est pas primordial pour l’immersion, c’est l’univers et l’empathie que le joueur peut ressentir pour les protagonistes qui créeront le sentiment d’immersion. Malheureusement, pour pouvoir s’attacher voir s’identifier à un personnage, il faut prendre le temps de le connaitre et donc laisser au jeu le temps de le développer. Pour cela, des sessions de jeu régulières sont nécessaires et par session j’entends d’une durée minimum. Livrer un combat entre deux arrêts de métro fera certes progresser les statistiques de votre personnage, mais ça ne vous permettra pas de vous sentir impliqué.

Conclusion

Je suis désolé si vous vous attendiez à avoir une définition du setup nécessaire pour profiter au maximum d’un jeu, mais il n’en est rien. Tout simplement parce que si l’on vient de voir que les conditions de jeu influent directement sur l’expérience, l’environnement idéal sera différent pour chaque joueur et chaque genre de jeu. Néanmoins si vous ne parvenez pas à profiter d’un jeu que tout le monde trouve excellent, demandez-vous si votre essai a eu lieu dans de bonnes conditions. S’il s’avère que c’est le cas, attendez quelques semaines, le fait qu’un jeu dispose d’une importante couverture médiatique au moment de votre tentative, sachez que cela peut influencer votre expérience. Si après cela, vous ne parvenez toujours à profiter du jeu alors rendez-vous à l’évidence celui-ci ne vous convient pas. Comme dit plus haut, l’immersion est quelque chose de fragile et il suffit parfois d’un détail déplaisant pour la ruiner malgré toutes les bonnes choses qu’un titre peut avoir à offrir. Le jeu n’est pas forcément mauvais, mais l’univers ne vous convient pas, on ne discute pas les goûts et les couleurs. Après tout, c’est un jeu, ne vous forcez pas à jouer à un titre qui ne vous plait pas sous prétexte que celui-ci a été jugé génial par la critique.